Surfrider Europe répond aux sollicitations sur les vagues artificielles

15/06/20

Les piscines à vagues artificielles se développent dans le monde entier et pourraient changer profondément la pratique sportive du surf. Surfrider Foundation Europe, créée par des surfeurs, a été interpellée à de nombreuses reprises sur ce sujet, d’une part par les collectifs citoyens et associations environnementales qui s’opposent à ces projets, d’autre part par les porteurs de projets de piscines à vagues pour des collaborations ou un soutien. Jusqu’à présent, les projets de vagues artificielles se situent en dehors de la zone d’intervention habituelle de l’association (le littoral et les espaces marins). Cependant, au vu des nombreuses sollicitations et incompréhensions, il semble important de publier notre positionnement sur ces piscines à vagues, dans la mesure où l’impact environnemental de ces structures n’est pas négligeable et qu’une partie de notre communauté est issue du monde du surf.

Surfrider Europe ne soutient aucun projet de vagues artificielles !

Nous sommes bien conscients de la valeur ajoutée de tels équipements pour l’entraînement et le perfectionnement de nombre de surfeurs, mais nous sommes contre le développement de ces vagues artificielles. Ce sont des projets à vocation principalement économique et récréative, dont on peut largement questionner la pertinence, qui plus est quand l’implantation de ces structures est relativement proche de l’océan, à proximité de vagues naturelles.

Les principales raisons qui nous conduisent à prendre cette position sont les suivantes :

  1. Leur construction implique l’artificialisation des sols (piscine, parkings, routes) sur des zones souvent agricoles ou naturelles. Cette artificialisation contribue à la destruction des habitats, responsable de l’effondrement de la biodiversité . La lutte contre l’artificialisation des sols et leur imperméabilisation est devenue une priorité pour l’Etat français depuis 2018, qui vise à limiter la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette.
  2. Leur fonctionnement implique une consommation d’eau importante, avec des bassins de capacité de 25 à 35.000 m3 (soit l’équivalent de 10 à 14 piscines olympiques), alors que la disponibilité en eau est susceptible d’être très largement altérée dans le contexte du changement climatique, comme en Région Nouvelle-Aquitaine par exemple. Rappelons également que les rapports et plans d’adaptation au changement climatique des bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne mentionnent clairement l’importance de trouver un équilibre entre les usages et les ressources en eau, de valoriser les espaces perméables et de renforcer la résilience des écosystèmes aquatiques.
  3. Leur fonctionnement requiert une quantité d’énergie importante. Par exemple, pour le site de Waco au Texas, qui utilise la technologie American Wave Machine, la consommation électrique du dispositif qui génère les vagues est de 450 kW (soit l’équivalent de la consommation électrique moyenne de 800 foyers français). Or, dans le cadre de la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables, la priorité pour nos sociétés est de consommer moins d’énergie.

Sobriété et préservation des écosystèmes

Les experts du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) et la Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques (IPBES) nous alertent chaque jour que les activités humaines (artificialisation des sols, surexploitation des ressources naturelles, émissions de gaz à effet de serre), ont un impact catastrophique sur les écosystèmes (déficit hydrique, effondrement de la biodiversité, réchauffement de l’atmosphère et des océans). Or, la fragilisation des écosystèmes augmente la vulnérabilité des sociétés humaines aux risques naturels (phénomènes météorologiques extrêmes telles que les tempêtes ou les canicules), qui seront exacerbés (plus intenses et/ou plus fréquents) dans les années à venir.

Des écosystèmes en bonne santé permettront à nos sociétés d’être plus à même de s’adapter au changement climatique. Or, les projets d’artificialisation des sols et d’utilisation des ressources en eau, telles que les piscines à vagues, contribuent à augmenter la vulnérabilité des territoires au changement climatique.

L’heure n’est plus à la compétition, la consommation, la recherche de croissance économique, aux projets déconnectés des enjeux environnementaux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Le changement climatique doit être l’occasion de repenser nos modèles de développement, pour qu’ils soient plus sobres en utilisation des ressources naturelles, ainsi que de repenser le rapport que nous entretenons avec les écosystèmes qui nous entourent.

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