Du carbone bleu pour une transition verte

26/08/21

Si l’on connaît bien le rôle des forêts terrestres dans l'absorption de nos émissions de dioxyde de carbone (CO2), on mentionne en revanche moins celui que joue l’Océan. Pourtant, l’Océan recouvre deux tiers de la surface planétaire, et absorbe plus d’un quart de nos émissions mondiales de CO2, qui s’élèvent à 34 milliards de tonnes par an. Ainsi, l’Océan constitue un incroyable puits de carbone naturel. Cela s’explique à la fois par le biais d’un processus physico-chimique de dissolution partielle du CO2 atmosphérique au contact de l’eau de mer, mais aussi par la présence des micro-organismes et écosystèmes marins et côtiers, aux qualités hors du commun. 


Des zones côtières à la haute mer... les habitants de l’Océan absorbent le CO2 atmosphérique

Les mangroves, marais salés et herbiers sous-marins sont des écosystèmes marins et côtiers capables de stocker le CO2 de l’air dans les sédiments, grâce à au processus de photosynthèse. D’où leur désignation d’écosystèmes de carbone bleu. Les écosystèmes de carbone bleu sont des alliés de taille contre le changement climatique, étant donné qu’ils peuvent absorber le CO2 jusqu'à 4 fois plus vite que les forêts tropicales, et 10 fois plus que les forêts tempérées ! Au total, les mangroves, marais salés et herbiers sous-marins stockent chaque année approximativement 200 millions de tonnes de CO2, ce qui correspond aux émissions générées par 150 millions de voitures individuelles. 

Du côté de la haute mer, le phytoplancton, aussi appelé plancton végétal est à l’origine de la moitié du carbone sédimentaire de l’Océan. Constitué de végétaux microscopiques et unicellulaires, le phytoplancton est capable de capter le dioxyde de carbone et de le transformer en oxygène durant la photosynthèse. Du littoral au grand large, l’Océan participe ainsi à la stabilité de notre système climatique


Au-delà de leur capacité d’atténuation climatique : les écosystèmes de carbone bleu produisent des services vitaux pour nos sociétés

Les avantages des écosystèmes de carbone bleu ne s’arrêtent pas à leur capacité d'absorption du CO2, puisque ces derniers génèrent de nombreux services écosystémiques, essentiels au bien être des sociétés humaines. En effet, les mangroves, marais salés et herbiers sous-marins participent à assurer une bonne qualité de l’eau, des zones de pêche durable, une biodiversité saine, et protègent également les populations des risques côtiers (e.g. tempêtes, phénomènes d’érosion, inondations). Selon une récente étude*, les services écosystémiques générés par les mangroves pour les populations côtières du monde entier, valent l'équivalent de 1,6 milliards de dollars.


Pourtant, les écosystèmes de carbone bleu sont fortement menacés aujourd’hui. Il est temps d’agir pour leur protection !  

Changement climatique, artificialisation du littoral, surexploitation des ressources marines, pollution... Les facteurs responsables de la dégradation et destruction des écosystèmes de carbone bleu à l’échelle mondiale sont nombreux. Et le résultat est doublement négatif. D’une part, les mangroves, marais salés et herbiers sous-marins ne peuvent plus assurer leurs fonctions vitales d’atténuation, d’adaptation et de résilience des populations face au changement climatique. Et d’autre part, une fois détruits, ces écosystèmes relâchent dans l'atmosphère le CO2 qu’ils avaient stocké, participant ainsi à l’augmentation globale des émissions de dioxyde de carbone.  

Renforcer la protection et la restauration des mangroves, marais salés et herbiers sous-marins est un enjeu crucial, alors que 151 pays dans le monde comptent au moins l’un de ces trois écosystèmes. A l’approche de rassemblements internationaux majeurs comme la COP 15 à la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) en octobre en format virtuel, et la COP 26 en novembre à Glasgow (Royaume-Uni), il est temps de mettre davantage en avant le rôle des écosystèmes de carbone bleu - et donc de l'Océan - dans l’avancement de sociétés durables et prospères. Investir dans la recherche océanographique, créer davantage d’Aires Marines Protégées (AMP) et lutter contre l’artificialisation des côtes sont autant de solutions nécessaires pour mieux connaître et protéger ces précieux écosystèmes de carbone bleu. 

Convaincue que la biodiversité de l’Océan est unique et fragile, Surfrider Foundation Europe a entrepris de multiples projets en faveur de la protection des espaces marins et côtiers, tels que les Initiatives Océanes, ou encore le programme Ocean Friendly Gardens. Le collectif de Coastal Defenders de Surfrider Foundation Europe est également mobilisé sur le terrain pour lutter contre les aménagements néfastes pour nos littoraux. 

Pour en apprendre plus sur les missions de Surfrider Foundation Europe, c’est par ici


The Blue Carbon Initiative 

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